L’article « Vers une problématique du harcèlement criminel en réseau » de Nicolas Desurmont (consultant en criminologie, Belgique) a été publié en 2006 dans la Revue internationale de Criminologie et de Police technique et scientifique (vol. 49, juillet-septembre 2006, pp. 350-373).
Il est disponible en ligne gratuitement sur le site des Classiques des sciences sociales (UQAM) :
- Version texte HTML : https://classiques.uqam.ca/contemporains/desurmont_nicolas/vers_problematique_harcelement_reseau/vers_problematique_harcelement_reseau_texte.html
- Version PDF : disponible sur le même site.
Il s’agit d’un consultant indépendant en criminologie et victimologie (basé en Belgique) qui publie depuis les années 2000 dans des revues académiques ou spécialisées (Revue internationale de Criminologie et de Police technique et scientifique, Rivista di Criminologia, Psychologie clinique, etc.)
Contexte de ses travaux
Ses articles les plus cités portent sur :
– Le harcèlement criminel en réseau (ou harcèlement organisationnel / gang-stalking) → 2006.
– La géocriminologie en contexte de gang-stalking (2009), où il affine les notions de harcèlement organisationnel et de filature dans un cadre spatial et de renseignement.
– Des analyses critiques sur la biopsychiatrie, les techniques de renseignement, la filature, et les interactions entre crime organisé et services de l’État.
Il décrit des phénomènes réels documentés en criminologie : filatures, intimidation par réseaux criminels, usage de techniques de surveillance (radiogoniométrie, etc.), et parfois des recoupements ou usages par des acteurs étatiques.
Il s’appuie sur des cas concrets (ex. : démantèlements de réseaux de drogue en Belgique), des observations de terrain via des contacts policiers/victimes, et une approche interdisciplinaire (victimologie, analyse du renseignement).
Résumé principal (d’après l’auteur)
Desurmont analyse le harcèlement criminel en réseau (ou harcèlement moral/organisationnel en réseau, souvent assimilé au gang-stalking) comme un phénomène distinct des formes classiques (violences conjugales, érotomanie).
Il le situe dans un contexte de double surveillance :
- Celle des réseaux criminels (organisés, mafieux).
- Celle des agents de l’État (police, renseignements généraux, services de sécurité), avec des infiltrations bidirectionnelles.
L’article met en lumière la dimension insidieuse de ce harcèlement : techniques de filature, intimidation récurrente, utilisation de la vie privée de la victime, circulation de rumeurs/délation, et recours à des méthodes de contre-espionnage (écoutes, goniométrie, désinformation).
L’objectif est souvent de déstabiliser la victime, de prévenir la constitution de preuves juridiques, et de servir des enquêtes proactives contre le crime organisé, tout en maintenant un voile de secret.
Points clés abordés
- Définition et objectifs : Le harcèlement criminel en réseau combine stalking (filature), intimidations répétées, harcèlement téléphonique, menaces indirectes, etc. Il procède d’une logique de « guerre » où la mémoire et l’hypervigilance de la victime sont exploitées. Les réseaux criminels et étatiques peuvent s’entrecroiser.
- Espionnage vs contre-espionnage : Distinction entre micro (opérationnel : filatures, écoutes) et macro (médiatique/politique : désinformation sélective). L’État utilise parfois la victime comme « point de départ » pour cartographier des réseaux criminels sans que cela soit judiciarisé.
- Difficultés de preuve et de qualification : Absence fréquente de preuves matérielles malgré des moyens techniques (goniométrie/radiogoniométrie). Négation par les autorités, risque de pathologisation de la victime (thèse de la maladie mentale), mensonges policiers, et stratégies de diversion.
- Rôle des institutions : Implication possible d’universités, services de santé, employeurs, etc., via infiltrations ou transmission d’informations. Exemples concrets en Belgique (Louvain-la-Neuve, démantèlements de réseaux de drogue).
- Critique : Manque de reconnaissance légale spécifique de cette forme de harcèlement ; déjudiciarisation ; tensions entre efficacité sécuritaire et droits des victimes.
- Il critique la tendance des institutions à pathologiser rapidement les plaignants (diagnostic de délire de persécution) sans enquête sérieuse, ce qui le rapproche de débats sur les erreurs judiciaires ou les dérives sécuritaires.

Laisser un commentaire